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Quiz Citadelle du vertige :
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| Durée de l'attraction 5 min |
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Au cours d’un parcours-spectacle vertigineux, les visiteurs explorent six espaces fantastiques imaginés par Moebius. L’univers de bande dessinée de l’artiste invite à une éducation à l’image différente. Par les illusions d'optique produites par le procédé Hallucinoscope® de Gérard Majax, les élèves perdent leurs repères visuels au profit de sensations uniques : être en lévitation, traverser la matière...En réalité, ce qu'ils percoivent est l'image réfléchie de décors fixés à l'envers au-dessus d'eux !
Une expérience pour décrypter les images et développer son esprit critique.
Jean Giraud – Moebius : la BD double face
Né en 1938 à Nogent-sur-Marne, Jean Giraud est devenu un auteur bicéphale (Giraud puis Gir à Pilote ; Moebius dans Hara-Kiri puis Métal Hurlant) qui compte parmi les plus grands dessinateurs actuels. D'abord élève de Jijé (il collabore même à Jerry Spring dans Spirou), il commence sa carrière à Pilote en 1963, avec Blueberry (sur scénarios de Charlier ; série qu'il continue seul aujourd'hui). Dès Pilote, il tente d'échapper aux carcans classiques (avec, par exemple, La Déviation, en 1973) mais la création du journal Métal Hurlant, en 1975, à laquelle il contribue, le pousse à développer cette voie expérimentale.
Son œuvre immense (couronnée par de nombreuses expositions dont celle du CNBDI en 2000) va ainsi du western traditionnel (Blueberry) à la science-fiction ésotérique (L'Incal, sur scénarios de Jodorowsky). Bien qu'étant pour soi-même un auteur prolifique et polymorphe touchant au dessin animé (Les Maîtres du temps), au cinéma (Dune, Alien…), à l'illustration comme à la peinture abstraite, Moebius n'hésite ni à se faire scénariste pour d'autres (même pour de la BD jeunesse avec Little Nemo, pour Marchand), ni à enfiler le costume du Surfer d'Argent pour Stan Lee ou celui de XIII pour Van Hamme. Alors quand Giraud signe ses mémoires, en 1999, il les intitule Histoire de mon double.
La citadelle n'est pas imprenable mais elle reste à jamais vertigineuse !
Une œuvre ou un "hors" d'œuvre ?
Parallèlement à ses aventures sur la piste accablante des soleils de l'Ouest, Giraud cherche la lumière apaisante du hors-piste narratif, loin des héros récurrents, des univers documentés, des hachures ordonnées. Giraud qui de Blueberry à Cauchemar blanc (en 1977), travaille d'un trait réaliste affirmé et dans le respect des codes bascule dans la voie de l'improvisation graphique et narrative.
D'abord avec Arzack, en 1975, un chef d'œuvre onirique et coloré, puis avec "Le Garage Hermétique" (publié en 1975 sous le titre Métal Hurlant) en noir et blanc, alternant dessins soignés "à l'ancienne" et décors allégés aux contours épurés. Le Major Grubert (Jerry Cornélius), anti-héros "par principe" va générer d'improvisation en improvisation un anti-récit… Le vertige de l'écriture est tel qu'un feuilleton improbable se tisse au gré des jours fait de ruptures de ton, de styles, de narration… Un récit sans but, sans fin, dispensant à l'envi ses dialogues parodiques et ses silences sentencieux, ses cases denses et triturées… Et ses échappées belles.
Du lieu désigné "Garage Hermétique" naît une Citadelle du Vertige exotique, délirante, science-fictive et super-héroïque, décadente probablement, aventurière assurément, entre leurres et traquenards. Autour du héros galonné, des individus hétéroclites nourrissent ce tissu d'inventions qui exhale la farce et le chef-d'œuvre, la fantaisie et la révolte, la panique et l'euphorie. Et la toile à deux dimensions finit par respirer l'espace et l'infini. Rien d'étonnant chez un auteur qui a choisi pour pseudonyme "Moebius", un mot qui renvoie au ruban du même nom, cet univers en boucle également sans limite défini par le mathématicien Möbius au 19è siècle. On l'appelait aussi "bande de Möbius"… mais elle n'était pas dessinée !